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Dernière mise à jour : 2017-09-18
 Les vendanges 2017 au fil des jours... Français   English   


fleurs_280_px.jpgNous nous retrouvons comme tous les ans pour un récit au jour le jour de nos vendanges. A ce sujet je rappelle que nous sommes dans l’action, avec ses moments d’excitation, de stress de doutes parfois. N’attendez donc pas de grandes analyses à ce stade, cela viendra plus tard !

Cette période est cruciale pour nous. C’est maintenant que sont figées les grandes lignes des vins du nouveau millésime, surtout en ce qui concerne les équilibres points primordiaux à mes yeux pour réussir de beaux vins.

Un rapide retour sur les conditions météorologiques ayant précédé ce millésime : L’automne et l’hiver ont été secs et les giboulées de mars n’ont pas permis de récupérer ce déficit en eau. Le nombre de jours de gel a été particulièrement élevé avec des températures parfois inférieures à -10°C sur un nombre très élevé de journées de janvier. La 3eme semaine du mois de mars a été inhabituellement chaudes et a entraîné un rapide gonflement des bourgeons. Une brutale chute des températures a ensuite stoppé tout développement des bourgeons qui ont ainsi constitué des « proies » faciles pour la boarmie, une chenille qui a causé de grosses pertes en dévorant les bourgeons dont la croissante avait été arrêtée. Le retour de températures plus clémentes a permis une rapide pousse des rameaux dont une partie très sensible aux coups de vent a été malheureusement été perdue. Si nous avons peu souffert du gel et pas du tout (à ce jour !) de la grêle, le potentiel de la récolte a malgré tout été impacté par ces difficultés. Heureusement que la floraison très précoce s’est globalement déroulée dans de bonnes conditions. Par la suite l’été a démarré avec des températures clémentes au début puis plus caniculaires lors de quelques journées. Les rares précipitations nous ont fait craindre l’apparition de symptômes de sécheresse heureusement pas trop développés. L’ensemble de ces conditions conduisent à un millésime précoce, certainement faible en quantité mais prometteur en qualité.

IRIS_280_PX.jpgJeudi 7 septembre 2017

Le vignoble vendange dans certains endroits très précoces ou ayant été impactés par le gel et/ou la grêle depuis 2 semaine. Sur nos terroirs, les contrôles de maturité effectués ces derniers jours nous ont montré de belles maturités techniques, mais les baies goûtées ne paraissaient pas mûres d’un point de vue phénolique (fin du cycle de reproduction de la vigne). Nous avons donc décidé de patienter, d’autant que les prévisions météo n’annonçaient rien d’alarmant.

Les températures sont clémentes et le soleil n’est jamais très loin. Nous démarrons donc cette première journée de vendanges avec quelques parcelles destinées à l’élaboration de Crémant d’Alsace. Pour ces vins il est nécessaire d’avoir un raisin rigoureusement sain et c’est le cas ! Notre parti pris est de partir d’un raisin bien mûr. Un raisin mûr présente en effet de belles acidités tartriques (acide noble du raisin) et permet, après fractionnement des moûts au pressoir, de travailler les Cuvées sans risquer de devoir combattre des acidités malique (acide de la pomme) déplaisantes.

Vendredi 8 septembre 2017

Journée dédiée au cépage Auxerrois. L’origine de l’Auxerrois est assez mystérieuse. Les premières citations de ce cépage apparaissent après 1914 dans les travaux de WANNER, Directeur de la Station de Viticulture de Laquenexy, près de Metz. Contrairement à ce que pourrait laisser entendre son nom, l’Auxerrois serait donc originaire de Lorraine et non de Bourgogne. On l’appelle d’ailleurs aussi Auxerrois de Laquenexy. Bien qu’appelé Pinot Auxerrois par certains, l’Auxerrois n’a rien à voir avec la famille des Pinot ! Enfin, pour rajouter dans la complexité, le Malbec, qui est un cépage noir, est appelé Auxerrois à Cahors ! Développé par la Station de Recherches Viticoles et Oenologiques de Colmar après 1950, l’Auxerrois a vu ses surfaces exploser, passant de 300 ha environ en 1958 à près de 2000 ha en 2000. Bien que largement présent dans le vignoble alsacien, ce cépage apparaît rarement sur les étiquettes des vins d’Alsace. Il est en effet souvent assemblé au Pinot Blanc et vendu sous cette appellation. On l’intègre aussi volontiers au Crémant d’Alsace auquel il apporte beaucoup de fruité.

L’Auxerrois se caractérise par des grappes de raisin assez compactes de taille petite à moyenne. Les baies sont sphériques, de couleur doré terne, leur peau est fine et la pulpe molle. Ce cépage, de vigueur moyenne et de bonne précocité, est bien adapté aux vignobles septentrionaux et aux terroirs calcaires.

Il permet de produire des vins fruités, à bonne teneur en alcool et de faible acidité. Un vin issu à 100% de l’Auxerrois se reconnaît par son caractère épicé et doux. Il accompagne avec bonheur les charcuteries, les viandes blanches, les quiches… C’est un vin de buffet par excellence.

Les parcelles que nous récoltons aujourd’hui en priorité sont celles en bordure de forêts avant qu’elles ne soient dévorées par le gibier et les oiseaux.

Au pressoir je suis très agréablement surpris par la délicate fraîcheur des premiers moûts.

Lundi 11 septembre 2017


Le weekend a été agréable et assez sec. Cette journée est pleine de contrastes : fraiche le matin puis plus douce, calme mais aussi venteuse par moments, ensoleillée mais avec de courtes averses. Une journée d’automne marquée par ce ciel si pur par moments.
Nous avons marginalement renforcé l’équipe. Pour le moment nous privilégions la mobilité et l’agilité compte tenu des parcelles assez petites à récolter.
Nous passons la journée dans les Auxerrois et Pinot Blanc. Les maturités sont belles, l’état sanitaire excellent. RAS et c’est bien comme cela.

Mardi 12 septembre 2016

Une courte averse en début de journée nous rappelle que nous sommes en automne. Le reste de la journée est lumineux et aéré sans qu’il ne fasse trop chaud. Les prévisions pour les jours suivants sont plus incertaines avec des risques de pluies assez fortes annoncées pour jeudi.
Compte tenu de l’état avancé de maturité des Pinot Gris, nous décidons de leur consacrer la journée. Il est en effet hors de question de les laisser prendre l’eau en seconde partie de semaine. Nous rentrons environs 70% de l’appellation Alsace en Pinot Gris. Ils sont sains et mûrs sans tomber dans la surmaturité. Un état parfait pour des vins équilibré gardant de la fraîcheur. Compte tenu de leur belle maturité, nous adoptons des réglages de pressurages longs et doux pour favoriser l’expression aromatique et évitant l’extraction du potassium responsable de la chute d’acidité.

Mercredi 13 septembre 2017

La nuit a été venteuse. Il fait doux. Le Nord-Est est sous la tempête et la pluie. A Ribeauvillé, s’il y a effectivement beaucoup de vent en début de journée, nous sommes préservés des déchainements de la nature. Les Vosges jouent pleinement leur rôle de parapluie. De grosses pluies sont confirmées pour jeudi.
Crânement nous décidons de sortir. Nous subtilisons aux effets du mauvais temps nos Muscat et Pinot Noir en appellation Alsace. Les Muscat sont mûrs comme rarement ils le sont. Ils sont croquants. L’acidité est délicate sans être invasive. Un beau potentiel. Nous allons les érafler et les mettre en macération pelliculaire pendant quelques heures afin d’extraire un maximum d’arômes des pellicules des baies de raisins. Le pressurage doux et long suivra ensuite. Quant au Pinot Noir, nous sommes en présence de raisins en état sanitaire parfait avec la maturité nécessaire à la vinification d’un beau fin rouge, sur le fruit, en évitant toute déviation alcooleuse.

Vendredi 15 septembre 2017


La vague de pluie annoncée pour hier est effectivement passée, mais elle a été grandement atténuée par les Vosges qui nous protègent décidément très bien sur Ribeauvillé. Un tour de vignes réalisé le soir nous montre que les sols ont bien séché. Nous décidons donc de sortir en ce vendredi.
Les températures sont agréables, surtout lorsque le soleil de décide à sortir. Nous passons entre les gouttes.
Cela nous permet de récolter tous les Sylvaner en appellation Alsace. Les raisins ont le niveau de maturité requis. Ils se gouttent très bien sur du croquant et du fruit. Un bon point de départ pour des vins de soif, d’occasions simples et conviviales.
En cette fin de semaine, c’est la satisfaction qui règne. Malgré des conditions météorologiques parfois scabreuses, nous avons réussi à bien progresser dans notre programme en rentrant ce qui était mûr au bon moment et en préservant le beau potentiel des raisins.
La fin de semaine s’annonce à nouveau compliquée du côté du ciel…

Lundi 18 septembre 2017

La fin de semaine a été particulièrement chahutée avec 15 à 17 mm de précipitations. Un orage de grêle a éclaté hier en fin d’après-midi. Heureusement sur Ribeauvillé la grêle était mêlée à de fortes pluies ce qui a rendu son impact moins dommageable. Tout ceci nous motive simplement à ne plus tergiverser et à utiliser chaque créneau météorologique correct pour avancer. Les peaux des Pinot sont devenues fragiles, certains Pinot Gris commencent à montrer des signes de lassitude…
Sur la base des comparaisons des prévisions de 3 modèles météo et compte tenu de leurs divergences nous prenons le risque de sortir en faisant le pari que s’il devait pleuvoir cela ne serait que de faibles averses. Ce fut le cas : une légère averse sans gravité en milieu de journée a ponctué une assez belle journée finalement.
Nous sortons à 10h afin de laisser ressuyer les sols et sécher les raisins. La préservation des sols et de leur vie microbiologique est un souci constant. Seuls des sols vivants sont en effet capables de restituer à la vigne les informations du lieu constituant une partie de ce que nous englobons dans le terme « terroir ».
Nous démarrons dans une parcelle de Pinot Gris pour continuer sur les Pinot Blanc et Auxerrois du Cru Ribeauvillé. Le projet collectif au sein du Syndicat Viticole de Ribeauvillé est d’élaborer des vins d’esprit sec présentant la fraîcheur et la structure caractéristique des vins de Ribeauvillé. Les parcelles choisies sont situées dans le Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé pour les Pinot Blanc et au Nord du Grand Cru Osterberg pour les Auxerrois. Au pressoir le message du lieu est déjà clairement en place dans les moûts qui présentent cette fine acidité support des arômes, et garante de beaux accords mets-vins mais aussi de longs potentiels de garde. Enfin, la fin de journée nous permet d’aborder une première parcelle du Trottacker.





 

 




Accueil separator.jpg Recherche separator.jpg Contact separator.jpg Une réalisation de Soluxa separator.jpg Crédit photos : Etienne Sipp
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